L'ÉCHO DU PETIT PRINCE
quelques extraits de notre revue trimestrielle

LA PREMIÈRE PAGE DU NUMÉRO D'AVRIL 2007
UN TÉMOIGNAGE
Témoignage de RENAN qui nous parle de Baptiste et de l'arrivée de Louise.
(témoignage effectué à la soirée postulants du mois de juin 2002)
Nous avons adopté trois enfants : Samuel qui a 9 ans, est arrivé à l'âge de 5 mois, Baptiste 6 ans, arrivé à l'âge de 9 mois, et Louise 2 ans qui est arrivée à l'âge de 13 mois; tous les trois venant de Djibouti. Samuel s'est très vite adapté à sa nouvelle vie et à son environnement. Nous n'avons eu aucun problème. Pour Baptiste tout allait bien jusqu'à l'âge de 18 mois. Suite à des convulsions, il a été hospitalisé plusieurs semaines à l'hôpital d'Angers où on a diagnostiqué une tuberculose neuroméningée. Ce fût un moment très douloureux pour nous. Nous ne savions pas les séquelles que cette maladie allait laisser. Samuel a mal vécu la maladie de son frère, il sentait notre angoisse et était inquiet. De plus, nous étions obligés de le laisser en garde pour aller voir Baptiste à l'hôpital, qui était devenu bien différent à son retour. Baptiste est considéré handicapé intellectuel moyen avec des troubles du comportement importants et avec parfois des crises d'épilepsie. Il a des jeux d'enfants de 12 -18 mois. Il ne parle pas, ne mange pas seul, n'est pas propre. Il n'arrive pas à rester en place, d'où une surveillance très importante, et n'a pas conscience du danger. Nous ne savons toujours pas ce qu'il comprend, ce qu'il ressent, ce qu'il voudrait. Baptiste est malgré tout un enfant souriant, qui aime faire des câlins. Il est très attiré par la musique, l'eau, les promenades à pied ou en poney. Notre vie sociale s'est considérablement dégradée. Nous avons beaucoup moins d'amis, soit parce que nous ne sommes plus invités, soit parce que c'est difficile de répondre aux invitations à cause de Baptiste, qui ne reste pas en place, touche à tout et demande une telle surveillance que nous ne profitons pas de ces rares moments entre amis. Si nous voulons sortir, nous avons le problème de la garde de nos trois enfants dont un handicapé. Il nous est difficile de trouver quelqu'un qui corresponde à nos besoins. Nous avons parfois recours à la mamie, mais elle n'est plus toute jeune. Malgré tout, nous essayons de nous aménager des moments privilégiés pour notre vie de famille, de couple et personnelle, mais cela nous est difficile. Samuel a eu beaucoup de mal a accepter la maladie de son frère ; ils ne pouvaient pas jouer ensemble, et Baptiste nous prenait beaucoup de temps. Samuel a rencontré une pédopsychiatre pour l'aider à accepter son petit frère comme il était. Leurs rapports se sont améliorés surtout lorsque Baptiste est parti dans un établissement spécialisé ( du lundi matin au vendredi soir). Afin de l'aider à progresser et de nous permettre de vivre plus normalement. La décision d'envoyer Baptiste a été difficile à prendre, mais nous n'avions pas trop le choix. Le sentiment de culpabilité était bien présent, nous ne l'avions pas adopté pour nous en séparer. Malgré nos réticences, nous avons fini par le laisser partir pour le bien de tous. Ce fut une période douloureuse où nous pensions beaucoup à Baptiste, que de problèmes ( administratifs, médicaux, établissements, avenir). L'arrivée de Louise nous a beaucoup aidés à dépasser nos inquiétudes, et à changer beaucoup de choses. Notre décision d'une troisième adoption ne fut pas simple. Depuis toujours nous souhaitions avoir une famille composée de trois enfants. Lorsque nous avons commencé les démarches d'adoption, nous avions écrit un peu partout. Notre dossier fut refusé ou resta sans réponses. Seule l'association Emmanuelle donna suite, mais elle ne confiait que deux enfants par famille. Nous pensions nous arrêter là , surtout avec le handicap de Baptiste. Quelques années plus tard, je me suis engagé dans l'association EFA 49. Au cours de mon mandat, j'ai eu l'occasion de contacter l'œuvre " vivre en famille " et d'avoir des renseignements sur son fonctionnement. J'ai pu discuter avec Mme Labaisse, la responsable de l'association ; c'est par elle que j'ai appris la possibilité d'adopter un troisième enfant, ce que nous souhaitions depuis toujours. Après avoir longuement réfléchi, nous nous sommes décidés à donner suite à notre projet et les choses ont changées. Le handicap de Baptiste nous a paru moins lourd à porter, nous étions plus dynamiques et avions le sentiment qu'il avait toujours manqué quelqu'un à notre famille. L'enquête sociale réalisée avec l'ASE nous a aidés et permis de cheminer. Nous nous sommes posés beaucoup de questions sur notre famille et sur l'avenir de chacun. Certains proches ne nous comprenaient pas, nous étions inconscients. Après avoir obtenu notre agrément, nous avons déposé notre dossier à " vivre en famille " et rencontré Mme Labaisse qui nous a bien compris et a senti le besoin que nous avions de cet enfant. Louise est arrivée en septembre 2001, elle avait un an. C'est une enfant très dynamique, très curieuse de tout, avec un fort caractère. Depuis que Louise est arrivée, Baptiste a changé. Jusque là, il était indifférent aux autres, voir brutal ; avec sa sœur il est doux, il la touche, la sent, il est stimulé par Louise qui est souvent après lui. Baptiste accepte qu'elle lui prenne ses jeux, et lui aussi peut les lui prendre, alors que Samuel le grand frère n'en a pas le droit. En conclusion, depuis l'arrivée de Louise la maison est remplie de bonheur, d'espoir et de vie.
LA VIE DE LA FÉDÉRATION
LIVRES
Naître ailleurs, grandir ici par Jean-Vital de Monléon

Chaque année, 4000 enfants venant du monde entier sont adoptés en France. Ce chiffre impressionnant montre bien que l'adoption internationale est devenue un phénomène de société. Pourtant, elle n'est toujours pas perçue comme un équivalent de la filiation biologique, mais plutôt comme une sorte de parenté au rabais. Pour comprendre pourquoi tant d'a priori entourent encore cette façon d'être parent et enfant, l'auteur interroge le poids que l'Histoire fait peser sur les mentalités et analyse ce qui se passe dans d'autres cultures.

L'adoption est souvent synonyme d'inquiétude psychologique : comment être parent d'un enfant dont on ne sait rien? Les enfants adoptés n'ont-ils pas souvent des problèmes? Il faut balayer au passage quelques préjugés : oui, il est essentiel de préserver les liens avec la famille d'origine ; non, il ne faut pas rendre l'adoption responsable de toutes ses difficultés. Aussi, les situations, des plus quotidiennes aux plus exceptionnelles, sont envisagées à travers les histoires d'Irina, Dimitri, Pedro, Cassandre...

La santé des petits adoptés suscite bien des interrogations : quels examens leur faire passer à leur arrivée en France? Quels sont les points importants à surveiller? Commment la puberté précoce, qui est à redouter chez les petites filles, peut-elle être traitée? L'auteur fait part ici de toute l'expérience de sa consultation d'adoption.

Ce livre est destiné aux parents adoptifs qui y trouveront les informations pratiques et juridiques sur les démarches à effectuer, mais aussi un soutien pour cette nouvelle vie avec leur enfant. Il intéressera enfin tous ceux qui sont en contact avec des enfants adoptés:famille et amis, médecins, enseignants, psychologues, magistrats...

Jean-Vital de Montleon est médecin pédiatre au CHU de Dijon où il a crée la consultation d'adoption outremer.